Un repère général des principaux programmes provinciaux et fédéraux qui peuvent alléger le coût d’un hébergement, d’un soutien à domicile ou d’une perte d’autonomie.
Écrit pour les familles qui naviguent le système québécois — pas pour les comptables ni pour les institutions.
Ces aides existent. Pourtant, beaucoup de familles ne les demandent pas — simplement parce qu’elles ne savent pas qu’elles y ont droit, ou parce que le système est difficile à comprendre lorsqu’une situation devient urgente.
La plupart de ces crédits exigent la production d’une déclaration de revenus. Les personnes immigrées récemment et les nouveaux arrivants peuvent tout de même y avoir droit même s’ils n’ont vécu au Canada qu’une partie de l’année — l’admissibilité dépend généralement du statut de résidence, et non de la citoyenneté.
LES REVENUS DE BASE
RRQ, PSV et SRG — les trois étages de revenu
Trois programmes superposés. Ils ne couvrent pas le coût d’un hébergement à eux seuls, mais ils déterminent en grande partie ce qu’une personne peut consacrer aux soins, et ce que les autres aides accepteront ou refuseront.
RRQ — Régime de rentes du Québec
Rente provinciale fondée sur les cotisations de la vie active. Demandable dès 60 ans (taux réduit) ou jusqu’à 72 ans (taux bonifié). Le moment de la demande change le montant à vie.
PSV — Sécurité de la vieillesse
Pension fédérale versée dès 65 ans selon les années de résidence au Canada. Indépendante du RRQ. Réduite progressivement au-delà d’un certain revenu net annuel.
SRG — Supplément de revenu garanti
Complément non imposable pour les aînés à faible revenu recevant la PSV. Recalculé chaque année selon la déclaration de revenus. Il faut produire sa déclaration même sans revenu pour le conserver.
Idéalement, les demandes et la déclaration de revenus sont mises à jour avant une interruption de revenu ou une transition vers une résidence ou un CHSLD.
Certaines aides ne sont pas entièrement rétroactives — un retard peut parfois représenter plusieurs mois d’aide admissible perdus.
Les aînés qui cessent de produire leur déclaration peuvent parfois perdre des mois — voire une année entière — de versements du SRG.
LE LEVIER PROVINCIAL CENTRAL
Crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés
Crédit remboursable du Québec qui couvre une portion de plusieurs services rendus au domicile ou dans une RPA admissible (entretien, repas, soins de base, surveillance). Il faut généralement avoir 70 ans ou plus, et conserver les pièces justificatives.
Pour qui
Aîné·e de 70 ans ou plus, vivant à domicile ou en RPA admissible.
Couvre généralement
Une portion importante du coût de plusieurs services : entretien ménager, repas livrés, surveillance de nuit, soins infirmiers, aide à l’hygiène, présence-surveillance. Le taux exact est fixé chaque année par Revenu Québec.
Dépend de
Âge, type de logement, niveau d’autonomie pour le taux bonifié, et revenu familial pour le calcul de la réduction.
Les demandes se font généralement après le début des services admissibles, lorsque les pièces justificatives sont disponibles.
LE SOUTIEN À DOMICILE PUBLIC
Services CLSC et chèque emploi-service
Le CLSC peut offrir directement certains services à domicile (soins infirmiers, hygiène, popote). Pour les besoins qu’il ne couvre pas lui-même, il peut verser une allocation directe — le « chèque emploi-service » — qui permet à la famille d’engager elle-même une aide.
Les services directs du CLSC sont gratuits, mais le nombre d’heures est plafonné selon l’évaluation des besoins et la disponibilité du territoire.
Le chèque emploi-service couvre des heures de présence, surveillance, ou aide à la vie quotidienne — la famille devient officiellement employeuse, avec les responsabilités correspondantes.
Les heures attribuées varient énormément d’un CIUSSS à l’autre — d’où l’importance de demander précisément ce qui est offert dans votre territoire et selon votre profil.
Beaucoup de familles n’apprennent l’existence de cette option que si elles posent elles-mêmes la question.
Plusieurs familles découvrent le chèque emploi-service seulement lorsqu’une crise commence déjà. Pourtant, les évaluations et approbations du CLSC peuvent prendre du temps — d’où l’importance de se renseigner tôt.
AU-DELÀ DU CHÈQUE EMPLOI-SERVICE
Allocations directes en soutien à domicile
Plusieurs CIUSSS versent à la famille une somme directe pour acheter elle-même certains services — au lieu de les recevoir du réseau. Le but est le même : permettre de garder la personne à domicile, en sécurité, plus longtemps.
Pour qui
Personne en perte d’autonomie évaluée par le CLSC, et — selon le programme — son ou sa proche aidant·e principal·e.
Couvre généralement
Heures de présence-surveillance, répit pour le proche aidant, certains équipements ou services qui ne sont pas offerts directement par le réseau public.
Dépend de
Évaluation des besoins par le CLSC, programmes offerts dans votre CIUSSS, et — pour certains volets — situation du proche aidant.
POUR ADAPTER LE LOGEMENT
Programme d’adaptation de domicile (PAD)
Programme géré par la Société d’habitation du Québec (SHQ) qui peut financer des travaux d’adaptation pour qu’une personne ayant une incapacité significative puisse continuer à vivre chez elle de façon sécuritaire.
Pour qui
Personne ayant une incapacité significative et persistante (mobilité, équilibre, vision, etc.), propriétaire ou locataire avec accord du propriétaire.
Couvre généralement
Rampes d’accès, élargissement de portes, salle de bain adaptée (barre d’appui, douche sans seuil), monte-escalier, ajustements d’éclairage et de seuils pour réduire les chutes.
Dépend de
Évaluation par un·e ergothérapeute, recommandations techniques, et démarche faite via la municipalité. Les délais et l’ampleur des travaux varient.
Les démarches sont souvent plus simples avant que des rénovations urgentes ne deviennent nécessaires.
AUTRES CRÉDITS QUÉBÉCOIS POUR LES AÎNÉS
Deux crédits de Revenu Québec souvent oubliés
Plus discrets que le crédit pour maintien à domicile, mais souvent automatiquement appliqués pour les aînés qui produisent leur déclaration de revenus.
CRÉDIT D’IMPÔT POUR SOUTIEN AUX AÎNÉS
Soutien fiscal additionnel — 70 ans ou plus
Crédit additionnel destiné aux aînés de 70 ans ou plus à revenu faible ou modeste — pensé pour aider à compenser les frais courants.
Exige la production d’une déclaration de revenus, même sans revenu imposable.
Peut aider à compenser les frais de subsistance lorsque le coût de la vie monte.
Crédit provincial en raison de l’âge — 65 ans ou plus
Crédit d’impôt provincial pour les aînés de 65 ans ou plus à revenu faible ou modeste. Souvent appliqué automatiquement à la production de la déclaration.
Allocation personnalisée — soutien pour les résidents ayant des besoins de soins plus élevés
Certaines petites RPA (30 unités ou moins) qui hébergent des résidents en perte d’autonomie significative peuvent maintenant recevoir un financement gouvernemental direct pour les services d’assistance personnelle et les soins de nature infirmière.
Dans certaines situations, cela peut réduire le coût mensuel facturé aux résidents, parce qu’une partie des soins est subventionnée directement par l’entremise de la résidence.
Ce programme s’applique principalement aux RPA de plus petite taille qui hébergent des résidents ayant des besoins de soins plus élevés.
CÔTÉ FÉDÉRAL, SOUVENT OUBLIÉ
Crédits d’impôt fédéraux pour frais médicaux
Au-delà des programmes québécois, le fédéral reconnaît plusieurs frais liés à la santé et à la perte d’autonomie comme dépenses admissibles. C’est une portion souvent oubliée alors qu’elle peut représenter quelques centaines à quelques milliers de dollars par année.
Pour qui
Aîné·e ou proche aidant·e qui paie de sa poche des frais liés à un état de santé ou à une perte d’autonomie attestée.
Couvre généralement
Selon le cas : portion des frais en RPA pour soins, frais d’hébergement attribuables aux soins, transport médical, équipements adaptés, soins à domicile facturés. Le crédit pour personnes handicapées (CIPH) peut s’ajouter.
Dépend de
Nature des frais, présence d’une attestation médicale (formulaire T2201 pour le CIPH), revenu net du contribuable, et bonne tenue des reçus.
CRÉDITS FÉDÉRAUX À CONNAÎTRE PAR LEUR NOM
Quatre programmes fédéraux qui aident concrètement les familles
Au-delà des frais médicaux, plusieurs programmes fédéraux portent un nom précis et débloquent des aides spécifiques pour les proches aidants et les personnes en perte d’autonomie.
CRÉDIT CANADIEN POUR AIDANT NATUREL
Pour les adultes qui soutiennent un parent en perte d’autonomie
Crédit d’impôt fédéral pour les personnes qui soutiennent financièrement un parent ou un proche présentant une déficience physique ou cognitive.
Pertinent pour les enfants adultes qui prennent soin d’un parent vieillissant.
Peut s’appliquer aux situations de démence ou de perte d’autonomie.
En CHSLD public, la personne hébergée paie une contribution mensuelle calculée selon ses revenus, son patrimoine et le type de chambre attribué. Le reste est financé par l’État.
Trois grands paliers selon la chambre : individuelle, semi-privée (deux personnes), ou multiple. Le tarif maximum mensuel est plafonné par le ministère.
Le calcul tient compte des revenus du résident (RRQ, PSV, SRG, rentes privées) et de ses liquidités. Les biens d’un conjoint à domicile sont protégés selon des règles précises.
Une exonération partielle ou totale est possible si la contribution dépasserait la capacité de payer. C’est la Régie de l’assurance maladie (RAMQ) qui traite la demande.
Une famille de Montréal a découvert plusieurs centaines de dollars par mois en aides qu’elle pouvait encore réclamer après le congé d’hôpital de leur proche.
LA PREMIÈRE QUESTION QUE TOUTES LES FAMILLES SE POSENT
Faut-il vendre la maison avant un placement ?
Non.
Dans la majorité des cas, la vente de la maison n’est pas une obligation automatique avant d’entrer en résidence ou en CHSLD.
Mais dans la réalité, plusieurs familles finissent par devoir l’envisager — parce que les coûts changent rapidement et que la pression financière s’installe plus vite que prévu.
RÉSIDENCE PRIVÉE
Résidence privée pour aînés (RPA)
Quand un proche entre dans une résidence privée pour aînés (RPA), la décision concernant la maison appartient entièrement à la famille. Aucune obligation gouvernementale ne force la vente. Plusieurs familles conservent la maison — en la louant, en la maintenant pour un conjoint, ou en la gardant le temps d’évaluer la situation à long terme.
SOINS DE LONGUE DURÉE PUBLICS
Établissement public (CHSLD)
Quand un proche entre dans un CHSLD public, le tableau est plus complexe. La personne hébergée doit contribuer financièrement selon ses revenus et ses biens. La contribution est calculée selon les règles de la RAMQ et tient compte des revenus, des liquidités disponibles, et de protections particulières si un conjoint demeure à domicile.
Ce que ça veut dire concrètement
La maison n’est pas simplement « prise » par le gouvernement. Mais elle peut devenir un enjeu financier important si la personne ne peut plus y retourner, si aucun conjoint n’y habite, et si la famille doit financer rapidement la prochaine étape de soins sans liquidités suffisantes pour le faire.
Les coûts s’accumulent plus vite que la plupart des familles ne le prévoient : frais mensuels de résidence ou de soins, taxes foncières sur une maison désormais vide, assurance habitation, entretien, et parfois une hypothèque toujours en cours — le tout en parallèle, alors que la famille est déjà émotionnellement et logistiquement épuisée.
POUR LES FAMILLES QUI ONT BÂTI LEUR MAISON AU FIL DES ANNÉES
Pour plusieurs familles montréalaises — particulièrement celles qui ont travaillé pendant des décennies pour payer leur maison — la maison familiale représente bien plus qu’un actif financier.
Elle est la preuve concrète de tout ce qui a été sacrifié pour offrir une meilleure vie à la génération suivante. L’idée de devoir la vendre pour financer des soins peut donner l’impression de perdre deux fois.
Ce qu’il est important de comprendre, c’est que vendre n’est rarement la seule option — et presque jamais la bonne première décision.
Il existe des aides, des stratégies financières et des façons de structurer les étapes qui peuvent réduire ou retarder le besoin de toucher à la maison familiale.
Comprendre quelles options existent — et dans quel ordre les explorer — est exactement le type de clarté qui évite une décision précipitée que la famille pourrait regretter plus tard.
Coûts qui peuvent s’accumuler en même temps
Frais de résidence ou de soins
Frais mensuels pour l’hébergement, les services, la supervision ou les soins de longue durée.
Taxes foncières
Les taxes peuvent continuer même si la maison est vide.
Assurance habitation
L’assurance peut changer ou devenir plus coûteuse quand une maison est inoccupée.
Entretien
Déneigement, réparations, chauffage, pelouse et imprévus exigent toujours de l’attention.
Hypothèque ou dettes
Certaines familles ont encore des paiements en cours quand les frais de placement commencent.
Coordination familiale
Frères et sœurs ou proches doivent décider qui paie, qui gère la maison et ce qui se passe ensuite.
Une décision précipitée concernant la maison familiale peut créer des conséquences qui durent bien au-delà du placement lui-même.
Votre plan personnalisé aborde directement votre situation financière — incluant les aides qui s’appliquent probablement à vous, à quoi votre portrait mensuel réel pourrait ressembler, et les questions à poser avant toute décision financière importante.
Ce plan reflète votre situation telle que vous l’avez décrite — pas une liste générique, et pas un conseil influencé par une résidence.
Nexum est 100 % indépendant. Aucune résidence, aucune institution financière et aucune agence gouvernementale n’influence nos recommandations. Nous sommes payés uniquement par les familles que nous servons.
COUPLES ET PLACEMENT
Quand un des deux conjoints a besoin de plus de soins que l’autre
L’une des situations les plus difficiles à traverser, c’est lorsque l’un des deux conjoints peut encore vivre presque comme avant pendant que l’autre, peu à peu, a besoin de plus d’aide, de surveillance, ou d’un milieu mieux adapté à ce qu’il ou elle traverse.
Rester ensemble est parfois possible — certaines résidences accueillent les couples en offrant deux niveaux de services différents — mais ce n’est pas toujours réaliste. À mesure que les besoins évoluent, les options se rétrécissent, et le milieu qui convenait au couple au départ n’est pas nécessairement celui qui pourra accompagner la suite.
Les coûts et le filet de soutien peuvent aussi changer beaucoup. Au Québec, certaines protections existent encore pour le conjoint qui demeure à la maison, et certaines règles de calcul de la contribution tiennent compte du fait qu’une seule des deux personnes est hébergée. Ces règles évoluent — elles méritent d’être vérifiées au moment précis de la décision, pas plusieurs années à l’avance.
Et au-delà des chiffres, il y a tout le reste : pour beaucoup de couples, c’est la première fois depuis des décennies qu’ils envisagent de ne plus vivre sous le même toit. Cette difficulté-là ne se règle pas avec un calcul — elle se reconnaît, et elle demande du temps pour être traversée ensemble.
Ce qui aide le plus, dans ces moments-là, c’est de comprendre tôt que l’ordre des étapes compte autant que la décision elle-même : qui bouge en premier, dans quel milieu, à quel rythme, et avec quels appuis pour la personne qui reste à la maison.
AVANT DE DÉCIDER
Avant de prendre une décision de placement qui concerne un couple, posez-vous trois questions :
Les deux personnes pourront-elles vraiment rester dans le même milieu à mesure que les besoins évoluent ?
Que se passe-t-il si l’autonomie de l’un des deux change plus vite que prévu ?
Le fait que le conjoint demeure à la maison change-t-il le calcul de la contribution ou les aides auxquelles vous avez droit ?
Ces trois questions ne donnent pas la réponse — elles aident à éviter les décisions prises trop vite, celles qu’on regrette par la suite.
CE QU’ON VOIT REVENIR LE PLUS SOUVENT
Des erreurs coûteuses que plusieurs familles découvrent trop tard
Ces situations sont extrêmement fréquentes — surtout lorsque les décisions doivent être prises rapidement ou que les familles pensent, à tort, ne pas être admissibles à certains soutiens.
Attendre trop longtemps avant de faire certaines demandes — certains programmes ne rétroagissent pas
Payer de sa poche pour des services déjà partiellement couverts
Croire qu’un revenu est « trop élevé » sans vérifier l’admissibilité réelle
Oublier de produire les déclarations de revenus et interrompre certains soutiens sans le savoir
Même lorsqu’aucun impôt n’est dû, produire une déclaration de revenus demeure souvent essentiel pour conserver plusieurs aides provinciales et fédérales.
Construit à partir d’années passées aux côtés de familles québécoises qui naviguent, sous pression, des décisions difficiles de soins et d’hébergement.
Cette page est un repère général. Les montants, les seuils et les règles d’admissibilité changent chaque année et varient selon le profil de la personne. Pour un cas précis, vérifiez auprès de Revenu Québec, de Service Canada ou de votre CLSC.
Ce guide fait partie des ressources gratuites NexumCare — consultez tous nos guides gratuits pour trouver celui qui correspond à votre situation.
Sources et références
Les programmes décrits sur cette page proviennent des sources officielles ci-dessous. Les explications, regroupements et mises en garde sont des contenus éditoriaux NexumCare. Les montants, taux et règles d’admissibilité changent chaque année : les pages officielles font toujours foi.
Chaque situation évolue différemment. Les bonnes décisions dépendent souvent de détails invisibles au départ.
Connaître les aides est une chose. Savoir quelles questions, quels programmes et quels facteurs financiers comptent le plus dans votre situation en est une autre.
Nexum identifie les aides, les programmes et les questions financières les plus pertinents à explorer en fonction de la situation décrite — l’admissibilité finale et les montants dépendent ensuite du revenu, du moment de la démarche et de la situation personnelle.
Pour certaines familles, repérer une seule aide oubliée ou éviter une seule erreur financière peut suffire à compenser le coût du plan plus rapidement qu’on ne l’imagine.